La résilience, c'est s'adapter - TGL
7 janvier 2026La résilience ne consiste pas à persévérer, mais à s'adapter
Ce que « The Good Life » nous apprend sur le vieillissement, le deuil et les nouveaux liens
J'ai moi-même du mal à y croire, mais j'ai fêté mes 60 ans l'année dernière.
Dans ma tête, je ne le ressens pas encore vraiment. Après tout, j'ai encore toute une vie devant moi — au moins trente ans, c'est sûr. En même temps, je remarque que mon corps m'envoie parfois d'autres signaux. Les petites douleurs persistent un peu plus longtemps. La récupération prend plus de temps. Et récemment, une blessure m'a contraint à un repos prolongé et à un effort minimal.
Cela peut sembler banal, mais cela a eu un impact plus important que je ne l'aurais imaginé. Non seulement sur le plan physique, mais aussi sur le plan social.
En cas de coupure de connexion
Une grande partie de mon réseau social gravitait — sans que je m’en rende vraiment compte — autour du sport et de l’activité physique. Faire du sport ensemble, être dehors ensemble, être actifs ensemble. Lorsque tout cela a disparu, de nombreux moments de rencontre ont également disparu. Pas consciemment, ni par manque de volonté, mais parce que la vie avait soudainement pris un autre cours.
Et oui, je répète sans cesse que le réseau social est dynamique. Qu’il évolue au gré des événements de la vie.
Mais ressentir cela, c’est autre chose que de le savoir.
Ça m'a fait un peu mal au cœur.
Ce qu'est réellement la résilience
Dans *The Good Life*, l'étude la plus longue jamais menée sur le bonheur et la santé, Robert Waldinger et Marc Schulz ne décrivent pas la résilience comme le fait de « continuer malgré tout ». Au contraire. La résilience s'avère être avant tout la capacité à s'adapter aux changements et à ajuster ses relations aux nouvelles circonstances.
Ne pas s'accrocher au passé.
Ne pas forcer ce qui n'est plus possible.
Mais se demander : qu'est-ce qui est désormais possible ?
L'étude montre que les personnes qui en sont capables — c'est-à-dire celles qui osent réorienter et adapter leur vie sociale — font mieux face aux épreuves, se sentent moins seules et jouissent d'un plus grand bien-être à un âge avancé.
Gratitude et réalisme
Ce qui m’a aidé pendant cette période, c’est d’avoir pris conscience que je disposais d’un réseau social qui reste. Des gens qui sont là, même si je ne fais pas de sport, si je ne suis pas performante, si je ne « tiens pas le rythme ». Cela ne va pas de soi. C’est quelque chose à chérir. En même temps, j'ai remarqué qu'être simplement reconnaissante ne suffisait pas. Il est arrivé un moment où j'ai ressenti le besoin de me lancer à nouveau dans quelque chose. Non pas pour revenir à ce qu'était ma vie auparavant, mais pour redynamiser mon réseau — en accord avec la personne que je suis aujourd'hui. D’autant plus que la vie se déroule de plus en plus souvent « à la maison et aux alentours ». Cela m’a soudain fait prendre conscience de ce que vivent au quotidien de nombreuses personnes âgées dans mon entourage immédiat.
Tu sais bien, d'un point de vue rationnel. Mais le fait d'en faire l'expérience soi-même offre une autre perspective.
Faire des efforts
Ces derniers mois, j'ai mis en pratique quelques idées qui me trottaient dans la tête depuis un certain temps. De petits pas, pas de grands projets.
Chanter dans une petite chorale de quartier ou cuisiner pour les habitants de l'immeuble.
Si j’avais continué à faire du sport comme avant, je ne m’y serais probablement jamais mise. Et aujourd’hui, je constate les bienfaits que cela apporte. Chanter, c’est un véritable remontant pour le corps et l’esprit : passer une heure à chanter, respirer ensemble, rire ensemble. J’aime cuisiner quand j’en ai le temps — et quand la table est bien remplie, c’est deux fois plus agréable.
Comme le dit si bien Theo Maassen, un humoriste du Brabant : « Il faut y mettre du sien. »
Sans effort, la vie s’immobilise. Sans action, on finit vite par passer ses journées à ne rien faire.
Les relations changent — et ce n'est pas grave
L'étude de Harvard est très claire à ce sujet : les réseaux sociaux évoluent sans cesse. Certaines relations s'approfondissent, d'autres s'estompent. Ce n'est pas un échec. C'est la vie.
Moi aussi, je dois reconnaître que certaines relations précieuses ne sont plus possibles. Parfois, elles s’éteignent en silence, parfois à cause d’un manque de contact. Est-ce grave ? Non. Est-ce parfois douloureux ? Oui. Surtout quand on voudrait plus que ce qui est réalistement possible.
C'est précisément pour cette raison que le choix de ses relations prend de l'importance à mesure que l'on vieillit. On ne peut pas tout faire. Tout le monde ne s'adapte pas à chaque étape de la vie. Et cela demande une certaine prise de conscience.
Avoir une vision claire pour pouvoir choisir
Ce qui m'aide, c'est de rendre visible mon réseau social. Non pas pour juger, mais pour comprendre.
- Qui est là ?
- Où est la réciprocité ?
- Qu'est-ce qui demande de l'énergie, et qu'est-ce qui en apporte ?
J'utilise également cette méthode (MLM-Tool) pour moi-même. En mettant littéralement mes relations en image, je remarque ce que je risquerais autrement de négliger. Cela m'aide à faire des choix réalistes. À accepter que certaines relations aient besoin de répit, tandis que d'autres, au contraire, demandent de l'attention.
Ce n'est pas une perte. C'est de l'entretien.
L'essence même de « The Good Life »
Ce que *The Good Life* nous enseigne en fin de compte, c'est ceci :
une bonne vie n'est pas un objectif figé. C'est un processus continu d'ajustement, d'adaptation et de connexion.
La résilience ne consiste pas à rester celui que l’on était.
La résilience, c’est oser devenir celui que l’on peut être aujourd’hui — avec les personnes qui nous correspondent.
Et c'est peut-être là l'une des leçons les plus importantes que l'on tire en vieillissant :
Tout n'est pas indispensable, mais ce qui reste mérite qu'on s'y attarde.